Points de vue
A MOI LES POUVOIRS PSY

Est-ce que la vraie magie existe ?
Peut-on acquérir des pouvoirs paranormaux ?
Ce monde de l’occultisme est-il qualitativement différent de celui de l’illusionnisme ou des ponts les réunissant ont-ils permis à des « initiés » de posséder une puissance supérieure ?
Pour mieux vous faire comprendre mon point de vue sur ces questions troublantes, j’ai demandé à deux artistes, spécialistes de ce thème, d’exposer leur point de vue : Dominique Webb et Gilles (de Gilles et Blaise).

Dominique WEBB
Dès l’adolescence, mes rapports avec les magiciens furent les meilleurs du monde. Je ne manquais aucune réunion du French Ring présidé par le pétillant Eugène Piret.
L’ambiance était très conviviale et tout un chacun appréciait les autres.
J’ai eu l’occasion de rencontrer Sanas alors président du syndicat des illusionnistes.
Il me proposa de me donner des cours de magie. C’est ainsi que je me retrouvais chez lui où il se mit en œuvre de m’apprendre le tour des 6 cartes. Il m’entraînait fort bien à cette petite manipulation tout en m’expliquant que j’avais raison de me passionner pour la prestidigitation et qu’à mon âge, c’était beaucoup plus intéressant que de courir les filles. Je ne l’ai pas écouté mais ai profité de tous ses conseils et lui ai conservé ma plus grande admiration pour le grand artiste qu’était « l’homme au cerveau d’acier », grand maître du paranormal avec son annuaire connu par cœur.

Donc, tout allait bien avec l’ensemble des magiciens, y compris ceux de l’AFAP dont je devins membre, jusqu’au jour ou j’eus l’outrecuidance de prédire les résultats du tiercé en direct dans une émission de Guy Lux. Le lendemain, je faisais « la une » de toute la presse, ce qui ne plus pas à tout le monde.
L’homme étant ainsi fait, quelques jours plus tard, paraissait dans la presse « le débinage » avec croquis à l’appui. Paix aux âmes d’André Mayette et Michel Seldow auxquels je conserve toujours toute mon admiration et remerciements puisque la polémique qu’ils déclenchèrent pour me « casser » ne fit qu’asseoir ma notoriété naissante confirmant le vieil adage : « dites-en du bien ou du mal importe peu, l’essentiel est qu’on en parle ! »
Depuis des années, j’écrivais à Bruno Coquatrix dans l’espoir qu’il m’engage en levée de rideau à l’Olympia. Je n’ai jamais reçu de réponse de sa part. Mais à la suite de ma divination du tiercé et du battage médiatique qui s’en suivi, c’est lui qui m’appelle et me reçoit pour me dire : «  nous allons monter un grand spectacle de magie dont vous serrez la vedette ».
Il fit appel à André Sanlaville pour compléter le programme.
Trois jours avant la première, pendant les répétitions des autres artistes, Bruno Coquatrix me demanda ce que j’allais faire. Je lui répondis : je fais monter un grand nombre de spectateurs sur scène et je l’avais hypnotisa.
Le grand soir de la première il me confia derrière le rideau et au moment où j’allais entrer en scène : « vous rendez-vous compte que je n’ai jamais vu ce que vous faites mais j’ai entièrement confiance en vous ». Tous les ans, le festival de la magie fut un triomphe. La première année, je l’avais précédé d’un congrès gratuit à l’Olympia - offert aux magiciens - suivi d’un banquet spectacle au restaurant de la Tour Eiffel.
Je dois reconnaître qu’alors un certain nombre de magiciens me tournèrent le dos dont l’un de mes bons amis, le célèbre Kassagi. Il a été très honnête et je l’en remercie. Le soir de la première à l’Olympia - à laquelle je l’avais invité - il tapa à la porte de ma loge à la fin du spectacle pour me dire : «  il n’y a plus d’amitié de ma part pour toi, jamais je n’accepterai que tu fasses un tel succès avec des conneries pareilles.»
Il n’avait probablement pas compris que je ne cherchais pas à rivaliser de dextérité avec lui. Je faisais simplement « autre chose ». Une sorte d’happening laissant libre cours au public pour s’exprimer.

Je ne me suis jamais considéré comme un adroit manipulateur. En réalité ce que j’ai toujours voulu faire, c’est faire ce que personne ne faisait depuis longtemps ou n’avait jamais fait au moment où je l’ai fait.

  1. le fakir Karadji enfermé hypnotisé une semaine dans un coffre translucide entre 2 émissions de télé de Thierry Le Luron,
  2. l’hypnose à grand spectacle, tel l’endormissement de toute une salle ou des téléspectateurs chez eux une autre fois,
  3. la grande illusion (disparition d’éléphants - apparition de fauves, transformation d’un lion en voiture),
  4. téléportation de spectateurs en direct à la télé entre deux villes très éloignées, la première fois c’était entre Lille et Paris dans une émission de Jacques Courtois « et avec les oreilles vous ne savez rien faire » dans les années 70 et la seconde fois dans une émission de Thierry Le Luron entre le théâtre de Rennes et le théâtre Mogador à Paris pendant les répétitions de la comédie magicale « Magic Story » que j’avais monté avec François Wertheimer.
  5. le piano à queue volant en 74 à l’Olympia,
  6. depuis plus de 10 ans, le spectacle de mentalisme que j’ai du reste présenté à la Colombe d’Or en xxxx.

Lors du Congrès de l’AFAP à Perpignan, le président de la filiale D. Mills m’a demandé de m’occuper de la direction artistique en me disant en outre que la médaille Robert Houdin me serait remise lors de l’ouverture par le Président de l’AFAP. J’étais très étonné de cet honneur accordé à un « parapsychique » par le représentant des illusionnistes. Ce jour là, j’entre en scène accueilli par le président de l’AFAP de l’époque, qui me congratule et me serre la main sans pour autant me remettre la médaille. Comme au fond de moi je m’y attendais un peu, serai-je un peu voyant, j’avais prévu la parade dans ma poche dont je sorti ma « médaille magnétique » et la lui remis aussitôt autour du cou.

L’auteur de cette rubrique lui-même était loin de m’être favorable au moment de mes principaux « coups médiatiques ». Ce qui ne nous empêche pas aujourd’hui d’être de très bons amis ce dont je suis infiniment heureux. Posséderai-je quand même un brin de pouvoir de suggestion ?

Mais le vent tourne peut-être aujourd’hui à la FFAP pour la plus grande entente cordiale magique sous tous ses aspects.

 
 

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